En bref
Deux phrases vraies en même temps. « Les PME remportent 58 % des contrats publics » : notre panorama de septembre le mesure, et l'Observatoire économique de la commande publique écrit la même chose pour 2024, 60 % des marchés aux TPE et PME.1 « 1 % des entreprises remportent la moitié des montants » : c'est cette étude. Il n'y a pas de contradiction, seulement deux unités de compte. Les PME gagnent des contrats ; le 1 % gagne des euros.
Nous mesurons la seconde phrase sur les données essentielles de la commande publique, que tout acheteur public doit publier au-delà de 40 000 euros hors taxes.2 Fenêtre : les contrats notifiés du 1er septembre 2025 au 31 août 2026, soit 294 325 contrats et 225,9 milliards d'euros pour 66 532 titulaires, chaque filiale comptée avec son groupe quand une source publique les relie. Aucune publication officielle ne donne cette courbe, ni l'indice qui la résume.
Compter des contrats, compter des euros.
Figure 01 · Lecture au 05/09/2026
Le 1 % du haut reçoit la moitié des montants avec moins d'un contrat sur cinq ; la moitié basse, un contrat sur six pour 1,5 % des montants
Part des contrats et part des montants, en %, par bande de titulaires classés par montant reçu sur douze mois
- Part des contrats
- Part des montants
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026, 66 532 titulaires, filiales comptées avec leur groupe · Méthode : Montant d'un contrat partagé entre ses cotitulaires à parts égales ; un contrat partagé compte pour chaque cotitulaire dans la part des contrats ; filiales fondues dans leur tête de groupe quand Wikidata la connaît · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Rang des titulaires (%) | Part des contrats | Part des montants |
|---|---|---|
| 0–0,1 | 5,5 | 25,7 |
| 0,1–1 | 12,8 | 28,6 |
| 1–5 | 16,5 | 22,3 |
| 5–10 | 11,5 | 8,7 |
| 10–50 | 37,8 | 13,2 |
| 50–100 | 16,0 | 1,5 |
Classons les 66 532 titulaires par le montant reçu sur douze mois, puis découpons la file. Les 665 du 1 % en reçoivent 54,3 %, pour 18,2 % des contrats, et il y faut 48 millions d'euros de contrats en un an. Le décile supérieur reçoit 85,3 % des montants. La moitié basse, 33 292 titulaires, se partage 1,5 % de l'argent pour 16 % des contrats : de petits marchés, un seul par titulaire le plus souvent. Ces euros sont ceux du contrat à sa notification, forfait ou plafond d'accord-cadre, jamais une dépense exécutée ni un chiffre d'affaires.
La courbe de Lorenz.
Figure 02 · Lecture au 05/09/2026
Il faut les 90 % de titulaires les plus petits pour atteindre 15 % des montants
Part cumulée des montants reçue par la part cumulée des titulaires, classés du plus petit au plus grand
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026, 66 532 titulaires, filiales comptées avec leur groupe · Méthode : Courbe tracée sur 100 centiles de titulaires agrégés côté base ; indice de Gini exact 0,897, calculé sur les 66 532 titulaires · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Titulaires cumulés (%) | Montants cumulés (%) |
|---|---|
| 0 | 0,0 |
| 1 | 0,0 |
| 2 | 0,0 |
| 3 | 0,0 |
| 4 | 0,0 |
| 5 | 0,0 |
| 6 | 0,0 |
| 7 | 0,0 |
| 8 | 0,0 |
| 9 | 0,0 |
| 10 | 0,1 |
| 11 | 0,1 |
| 12 | 0,1 |
| 13 | 0,1 |
| 14 | 0,1 |
| 15 | 0,1 |
| 16 | 0,1 |
| 17 | 0,1 |
| 18 | 0,1 |
| 19 | 0,2 |
| 20 | 0,2 |
| 21 | 0,2 |
| 22 | 0,2 |
| 23 | 0,2 |
| 24 | 0,3 |
| 25 | 0,3 |
| 26 | 0,3 |
| 27 | 0,3 |
| 28 | 0,4 |
| 29 | 0,4 |
| 30 | 0,4 |
| 31 | 0,4 |
| 32 | 0,5 |
| 33 | 0,5 |
| 34 | 0,6 |
| 35 | 0,6 |
| 36 | 0,6 |
| 37 | 0,7 |
| 38 | 0,7 |
| 39 | 0,8 |
| 40 | 0,8 |
| 41 | 0,9 |
| 42 | 0,9 |
| 43 | 1,0 |
| 44 | 1,1 |
| 45 | 1,1 |
| 46 | 1,2 |
| 47 | 1,2 |
| 48 | 1,3 |
| 49 | 1,4 |
| 50 | 1,5 |
| 51 | 1,6 |
| 52 | 1,6 |
| 53 | 1,7 |
| 54 | 1,8 |
| 55 | 1,9 |
| 56 | 2,0 |
| 57 | 2,1 |
| 58 | 2,3 |
| 59 | 2,4 |
| 60 | 2,5 |
| 61 | 2,6 |
| 62 | 2,8 |
| 63 | 2,9 |
| 64 | 3,1 |
| 65 | 3,3 |
| 66 | 3,5 |
| 67 | 3,6 |
| 68 | 3,9 |
| 69 | 4,1 |
| 70 | 4,3 |
| 71 | 4,5 |
| 72 | 4,8 |
| 73 | 5,1 |
| 74 | 5,3 |
| 75 | 5,6 |
| 76 | 6,0 |
| 77 | 6,3 |
| 78 | 6,7 |
| 79 | 7,1 |
| 80 | 7,5 |
| 81 | 8,0 |
| 82 | 8,5 |
| 83 | 9,0 |
| 84 | 9,6 |
| 85 | 10,2 |
| 86 | 11,0 |
| 87 | 11,8 |
| 88 | 12,6 |
| 89 | 13,6 |
| 90 | 14,7 |
| 91 | 15,9 |
| 92 | 17,4 |
| 93 | 19,0 |
| 94 | 21,0 |
| 95 | 23,4 |
| 96 | 26,4 |
| 97 | 30,3 |
| 98 | 35,8 |
| 99 | 45,7 |
| 100 | 100,0 |
On avance sur l'axe horizontal en ajoutant les titulaires du plus petit au plus grand, et on lit sur l'axe vertical la part des montants qu'ils ont reçue ensemble. À parts égales, la courbe serait la diagonale. Le ventre qu'elle creuse sous cette diagonale est l'inégalité, et l'indice de Gini la mesure : 0 pour l'égalité parfaite, 1 si un seul titulaire recevait tout.3 Ici, la courbe reste collée au plancher sur presque toute sa longueur, puis se redresse à la verticale dans le dernier centile. L'indice vaut 0,897. Le « 1 % » reste une convention de lecture empruntée aux études sur les revenus : la queue ne suit aucune loi d'échelle, et les seuils voisins racontent la même pente.
Ce n'est pas la même concentration selon ce qu'on achète.
Figure 03 · Lecture au 05/09/2026
Dans l'énergie, dix titulaires reçoivent 83 % des montants ; dans les travaux, 14,5 %
Part des dix premiers titulaires dans les montants de la division, en %, pour les douze divisions CPV qui pèsent le plus
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026 · Méthode : Division CPV déclarée par l'acheteur (deux premiers caractères du code principal) ; montant partagé entre cotitulaires ; libellés abrégés, la nomenclature officielle fait foi · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Division CPV | Part des dix premiers (%) |
|---|---|
| 09 · Énergie, électricité | 83,4 |
| 30 · Informatique, bureautique | 69,2 |
| 34 · Matériel de transport | 62,1 |
| 39 · Mobilier, équipements | 32,5 |
| 72 · Services informatiques | 30,4 |
| 50 · Réparation, entretien | 30,3 |
| 60 · Services de transport | 27,9 |
| 90 · Environnement, déchets | 26,6 |
| 33 · Matériel médical | 22,7 |
| 45 · Travaux de construction | 14,5 |
| 71 · Architecture, ingénierie | 13,2 |
| 79 · Services aux entreprises | 12,0 |
Le chiffre national recouvre des marchés qui n'ont rien en commun. Sur les 27 divisions du vocabulaire commun des marchés publics4 qui dépassent le milliard d'euros, la part des dix premiers titulaires va de 12 % à 83 %. La plus grosse est la moins concentrée : les travaux de construction, 66,4 milliards d'euros, près d'un tiers du total mesuré, laissent 85 % de leur montant hors des dix premiers titulaires, groupes compris, entre 25 684 entreprises. L'énergie fait l'inverse, parce que fournir de l'électricité ou du gaz est le fait de quelques opérateurs nationaux. Le matériel informatique et le matériel de transport suivent : des marchés de constructeurs, où l'acheteur choisit dans une offre courte.
Le 1 % n'est pas « les grandes entreprises ».
La catégorie d'entreprise est un attribut de l'entité juridique, pas du groupe : lue à ce grain, la part du 1 % est de 53,7 %, et ce 1 % compte 280 grandes entreprises, 268 entreprises de taille intermédiaire et 106 PME.5 Une PME peut donc y entrer, au même ticket d'entrée que les autres, une cinquantaine de millions d'euros de contrats en douze mois ; celles qui y arrivent sont deux sur mille. Voilà ce qui réconcilie les deux phrases de l'introduction : les PME sont 80 % des titulaires et reçoivent un tiers des montants, les grandes entreprises sont 4 % des titulaires et reçoivent le même tiers. Ce n'est pas un désavantage à contrat égal, c'est la taille des contrats.
Méthodologie complète
Périmètre : données essentielles de la commande publique (DECP), version courante de chaque contrat, dont la date de notification est comprise entre le 1er septembre 2025 et le 31 août 2026 inclus, France entière, tous acheteurs ; liste des données et formats fixés par l'arrêté du 22 décembre 2022,6 seuil de publication fixé par l'article R. 2196-1 du code de la commande publique.2 Unité de compte : le titulaire, identifié par son numéro SIREN et fondu dans sa tête de groupe quand une source publique la connaît (voir Groupes), sur douze mois de notifications ; ni l'établissement, ni le contrat. Population : 66 666 entités identifiées, dont 66 642 mesurables (24 n'ont aucun contrat au montant renseigné ; elles sont exclues, non comptées à zéro), ramenées à 66 532 titulaires après rattachement des filiales. Exclusions : 6 118 contrats dont la source qualifie le montant de suspect (5 253) ou d'aberrant (865) ; 4 699 lignes sans SIREN français exploitable (4,4 Md€ : entreprises étrangères, identifiants ultramarins) ; 301 lignes sans montant. Attribution des contrats partagés : une ligne par cotitulaire dans la source, portant à chaque fois le montant entier du contrat ; l'étude divise ce montant par le nombre de cotitulaires, faute de clé de répartition publiée ; 25 295 contrats sont concernés, pour 31,6 Md€, dont 10 758 sans groupement déclaré (le plus souvent des accords-cadres attribués à plusieurs entreprises, où personne ne détient de part fixe) ; 4 875 autres contrats répètent un même titulaire sur plusieurs lignes et comptent pour un seul. La variante « montant entier à chaque cotitulaire » donne 46,6 % au 1 % et un Gini de 0,888 : la conclusion ne dépend pas de la règle. Bandes : titulaires classés par montant décroissant, bornes à 0,1 %, 1 %, 5 %, 10 % et 50 % de la population ; ticket d'entrée = montant du dernier titulaire de la bande, soit 325 M€ pour le 0,1 %, 48,1 M€ pour le 1 %, 8,9 M€ pour les 5 % et 3,9 M€ pour le décile ; parts cumulées des montants 25,7 %, 54,3 %, 76,6 % et 85,3 %, moitié basse 1,5 % pour 16,0 % des contrats. Indice de Gini : formule exacte des rangs sur les 66 532 titulaires, calculée côté base ; la courbe de Lorenz publiée est tracée sur 100 centiles agrégés côté base, dont le Gini par classes (0,894) est une borne basse attendue. Test de Pareto : estimateur de Hill et pente rang-taille sur les k plus gros titulaires pour k de 66 à 13 328 ; l'exposant décroît de 1,43 à 0,80 sans plateau, ce qui exclut une loi de puissance unique (un Gini de 0,897 sous une telle loi impliquerait un exposant de 1,06 et une part du 1 % de 77 %). Secteurs : division CPV des deux premiers caractères du code principal déclaré ; 27 divisions dépassent le milliard d'euros sur la fenêtre, la figure retient les douze dont le montant est le plus élevé ; travaux de construction 66,4 Md€ pour 25 684 titulaires, énergie 13,6 Md€ pour 1 100 titulaires. Acheteurs : 12 608 acheteurs, dont 6 909 (54,8 %) ont au moins un contrat avec le 1 %, 2 479 (19,7 %) lui versent au moins la moitié de leurs montants et 1 207 (9,6 %) au moins 80 % ; le type d'acheteur, tel que déclaré, manque sur 15,8 % des montants et n'est jamais réparti. Catégorie d'entreprise : celle déclarée sur le contrat, ramenée à la valeur la plus fréquente par titulaire, et lue par entité juridique puisqu'elle est un attribut de l'entreprise ; non renseignée pour 3 688 titulaires ; PME 53 504 titulaires pour 74,0 Md€, ETI 6 839 pour 69,7 Md€, grandes entreprises 2 611 pour 74,1 Md€. Taille des contrats : 3 109 contrats de 10 M€ et plus (1,1 %) portent 99,1 Md€, soit 43,9 % des montants. Groupes : rattachement des filiales à leur tête de groupe par les liens de contrôle de Wikidata (filiale, organisation mère détenant 50 % ou plus), la tête étant identifiée par son SIREN,7 mesuré le 5 septembre 2026 : 393 entités décrites (0,6 %, 13,3 % des montants), dont 274 rattachées à une tête française et 188 fondues dans une autre entité ; les 119 filiales dont la tête n'a pas de SIREN (État actionnaire, groupes étrangers) restent comptées séparément. Par entité juridique, sans rattachement : 1 % 53,7 %, 0,1 % 24,2 %, 5 % 76,5 %, décile 85,2 %, Gini 0,897, dix premiers titulaires des travaux de construction 12,6 %. Le rattachement ne couvre que les groupes décrits sur Wikidata : les chiffres publiés restent une borne basse de la concentration par groupe, l'écart connu étant de l'ordre du point. Couverture : 45 095 contrats sous 40 000 € HT figurent dans les données (publications volontaires) pour 0,3 % du total, ce qui sous-représente les petits titulaires et sous-estime donc la concentration ; le montant est celui de la notification, pas de l'exécution ; un contrat modifié n'apparaît que dans sa version courante ; les DECP sont déclaratives et publiées avec retard, le dernier mois est structurellement incomplet. Aucune entreprise n'est nommée, aucun classement n'est publié : tous les calculs sont des agrégats. Données lues le 3 septembre 2026, vérifiées le 4 septembre 2026 sur une version de la base qui déduplique les lignes répétées de la source ; rattachement aux groupes mesuré le 5 septembre 2026.
Ce que ça change pour vous.
Le chiffre qui décide n'est pas le national, c'est celui de votre division et de votre territoire. Un marché où les dix premiers titulaires pèsent 12 % est un marché où l'on entre seul ; à 83 %, on entre en cotraitance ou pas du tout. Pour un acheteur, la lecture s'inverse : quelle part de mes montants va à mes dix premiers fournisseurs, et à combien d'autres clients vendent-ils ? C'est le calcul de cette étude, refait sur un périmètre. Pour le panorama d'ensemble, voir « Marchés publics : qui remporte les contrats ? Douze mois de données ».
Posez la question vous-même
« Sur les douze derniers mois, pour les marchés publics de mon secteur (code CPV ou activité) et de ma région, combien de titulaires distincts se partagent les montants, quelle part reçoivent les dix premiers, et à quel centile se situe mon entreprise ? Compare avec la concentration nationale. »
Questions fréquentes.
Quelle part des marchés publics revient aux plus grands titulaires ?
Sur les douze mois à fin août 2026, 1 % des titulaires (665 sur 66 532, chaque filiale comptée avec son groupe quand le lien est connu) reçoivent 54,3 % des montants notifiés, le décile supérieur 85,3 %, la moitié basse 1,5 %. Par entité juridique, sans rattachement, le 1 % capte 53,7 % ; le rattachement ne couvrant que les groupes décrits sur Wikidata, ces parts restent une borne basse.
Qu'est-ce que l'indice de Gini et que vaut-il ici ?
Un indice de répartition compris entre 0 (tous les titulaires reçoivent le même montant) et 1 (un seul reçoit tout). Il vaut 0,897 pour les montants de la commande publique entre titulaires sur douze mois. C'est l'aire entre la courbe de Lorenz et la diagonale d'égalité, rapportée à l'aire sous la diagonale.
Quels acheteurs publics dépendent le plus de ces grands titulaires ?
Sur 12 608 acheteurs, 6 909 (54,8 %) ont au moins un contrat avec le 1 %, 2 479 (19,7 %) lui versent au moins la moitié de leurs montants et 1 207 (9,6 %) au moins 80 %. Ce sont les acheteurs les plus techniques et les plus centralisés qui concentrent : les établissements publics industriels et commerciaux envoient 50 % de leurs montants à dix fournisseurs, les syndicats mixtes 43 %, l'État 29 %. Le bloc communal est le premier acheteur public dans ces données, avec 76,9 Md€, et le moins concentré sur ses dix premiers fournisseurs, 12 à 13 %.
Les PME sont-elles désavantagées dans la commande publique ?
Elles remportent 58 % des contrats et reçoivent un tiers des montants ; les grandes entreprises, 4 % des titulaires, reçoivent le même tiers. Ce n'est pas un désavantage à contrat égal, c'est la taille des contrats : une PME gagne des marchés de 400 000 euros en moyenne, une grande entreprise de 1,4 million. Dans les travaux ou l'ingénierie, les dix premiers titulaires pèsent 13 à 15 % : ce sont des marchés ouverts.
La concentration de la commande publique augmente-t-elle ?
Cette étude est une photographie sur douze mois, pas une série. Une comparaison avec les années antérieures à 2024 subirait la rupture du seuil de publication, passé de 90 000 à 40 000 euros HT au 1er janvier 2024. À l'échelle européenne, la Cour des comptes européenne constate que la part des procédures n'ayant reçu qu'une seule offre est passée de 23,5 % en 2011 à 41,8 % en 2021, et le nombre moyen de soumissionnaires de 5,7 à 3,2 : la concentration n'est pas une singularité française.8
Pourquoi 54,3 % et pas un autre chiffre ?
Parce que le « 1 % » est une convention de lecture, pas un seuil que la donnée impose. Nous avons testé si la distribution suivait une loi de Pareto ; elle ne le fait pas, l'exposant varie avec le seuil. Les parts à 0,1 %, 5 %, 10 % et 50 % figurent dans la figure et la méthodologie, pour que chacun lise celle qui lui parle. Et si l'on attribue à chaque cotitulaire le montant entier d'un contrat partagé plutôt qu'une part égale, le 1 % capte 46,6 % : la conclusion ne dépend pas de la règle.
Pourquoi vos totaux diffèrent-ils des chiffres officiels ?
L'Observatoire économique de la commande publique recense 223 383 marchés pour 233,3 milliards d'euros en 2024 ; nous mesurons 294 325 contrats pour 225,9 milliards sur douze mois glissants à fin août 2026, sur les données essentielles publiées par les acheteurs, en comptant chaque contrat une fois même quand il a plusieurs titulaires. Les périmètres diffèrent (année civile, concessions, seuils, remontée déclarative), pas la géométrie : 60 % des marchés et 25 % des montants aux TPE et PME chez l'observatoire, 58 % et 33 % ici.
Sources
- Les chiffres des marchés publics 2024, recensement économique de la commande publique. Paru en mars 2026. Consulté le 04/09/2026. www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/media-document/Recensement2024-0326DEF.pdf
- Article R. 2196-1 du code de la commande publique, publication des données essentielles. Version en vigueur depuis le 01/01/2024. Consulté le 04/09/2026. www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045739606
- Indice de Gini, définition. Consultée le 04/09/2026. www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1551
- Règlement (CE) n° 213/2008 modifiant le vocabulaire commun pour les marchés publics (CPV), annexe I. Publié au JO L 74 du 15/03/2008. Consulté le 04/09/2026. eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32008R0213
- Catégorie d'entreprise, définition. Consultée le 04/09/2026. www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1057
- Arrêté du 22 décembre 2022 relatif aux données essentielles des marchés publics. Consulté le 04/09/2026. www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046850496
- Wikidata, propriétés « filiale » (P355), « organisation mère » (P749) et « numéro SIREN » (P1616), liens de contrôle des groupes. Lus le 05/09/2026. www.wikidata.org/wiki/Property:P749
- Rapport spécial 28/2023, Marchés publics dans l'Union européenne : moins de concurrence pour les contrats attribués sur la période 2011-2021. Publié le 04/12/2023. Consulté le 04/09/2026. www.eca.europa.eu/en/publications/sr-2023-28
- Base Hexagone Leads, données essentielles de la commande publique (DECP), marchés attribués. Contrats notifiés jusqu'au 29/08/2026. Lues le 03/09/2026. Vérifiées le 04/09/2026.